Comprendre le syndrome de l’imposteur
De nombreux étudiants et jeunes professionnels ressentent, à un moment de leur parcours, un sentiment étrange : celui de ne pas mériter leur place. Malgré leurs compétences et leurs réussites, ils ont l’impression d’avoir trompé leur entourage et craignent d’être « démasqués ». Ce phénomène porte un nom : le syndrome de l’imposteur.
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?
Le syndrome de l’imposteur est un mécanisme psychologique qui pousse certaines personnes à douter constamment de leurs compétences et de leur légitimité, même lorsqu’elles ont des preuves objectives de leur réussite.
Les personnes concernées attribuent souvent leurs succès à des facteurs externes comme la chance, le hasard ou l’aide des autres, plutôt qu’à leurs propres compétences.
Selon le Journal of Behavioral Science, près de 70 % de la population aurait ressenti au moins une fois dans sa vie un sentiment d’imposture, quel que soit le genre ou la catégorie socio-professionnelle.
Pourquoi les étudiants et alternants sont particulièrement concernés ?
Les périodes de formation, d’alternance ou de début de carrière sont des moments de transition où les individus apprennent beaucoup et se confrontent à de nouvelles responsabilités.
Plusieurs facteurs peuvent renforcer ce sentiment :
- l’entrée dans un nouvel environnement professionnel
- la comparaison avec des collègues plus expérimentés
- la pression de la réussite
- la peur de faire des erreurs
En alternance, par exemple, les étudiants doivent jongler entre formation académique et exigences professionnelles, ce qui peut parfois accentuer le doute sur leurs compétences.
Pourtant, ces doutes sont souvent le signe d’une volonté de bien faire et d’une forte implication.
Le syndrome de l’imposteur en début de carrière
Dans l’émission 360 de l’IFCV, Pascal Bonnecase, directeur réseau de l’IFCV, pose la question suivante aux professionnels invités :
« Qu’est-ce qui vous a fait le plus peur en début de carrière et que vous avez réussi à dépasser ? »
Mathilde Peloffy, responsable grands comptes chez Wacoal Europe, partage alors son expérience. Lorsqu’elle est arrivée à son poste en tant que jeune diplômée, elle a dû faire face à un sentiment de syndrome de l’imposteur, notamment lorsqu’elle a commencé à manager une équipe.
🎙️ « Manager les équipes et le syndrome de l’imposteur qui va avec. Je suis arrivée dans une équipe où certaines personnes avaient l’âge d’être mes parents. Il fallait donc acquérir une certaine légitimité et comprendre comment la mettre en place. C’était une vraie problématique pour moi. »
Elle explique que cette situation était d’autant plus déstabilisante qu’elle débutait dans la vie professionnelle et devait rapidement trouver la bonne posture pour travailler avec son équipe.
Pour construire sa légitimité, elle a choisi une approche très concrète :
🎙️ « La solution est assez simple pour acquérir de la légitimité : aller avec eux sur le terrain, leur montrer que l’on connaît leur travail, que l’on ne va pas leur demander des choses aberrantes et que l’on sait faire. C’est comme ça que la confiance se construit. »
Son témoignage montre que le syndrome de l’imposteur est fréquent en début de carrière, notamment lorsque l’on prend rapidement des responsabilités.
Comment dépasser ce sentiment ?
La première étape consiste à prendre conscience que ce phénomène est courant. Beaucoup de professionnels, même expérimentés, ont déjà ressenti ce type de doute.
Quelques pistes peuvent aider à mieux le gérer :
1️⃣ Reconnaître ses réussites
👉 Prendre le temps de noter ses réussites, ses compétences et les retours positifs reçus permet de prendre du recul sur ses capacités.
2️⃣ Accepter l’apprentissage
👉 Personne ne maîtrise immédiatement toutes les compétences d’un poste. L’apprentissage fait partie intégrante du parcours professionnel.
3️⃣ Oser poser des questions
👉 Poser des questions ne signifie pas être incompétent. Au contraire, cela démontre une volonté d’apprendre et de progresser.
4️⃣ Échanger avec son entourage
👉 Parler avec des formateurs, des tuteurs ou des collègues permet souvent de relativiser ses doutes.
Conclusion
Le syndrome de l’imposteur est une expérience fréquente dans les parcours d’études et les débuts de carrière. Reconnaître ce phénomène et en parler permet de prendre du recul et de développer une relation plus sereine avec ses compétences.
Comme le montre l’expérience de Mathilde Peloffy, la légitimité se construit souvent avec l’expérience, l’écoute et la connaissance du terrain.
👉 Pour découvrir son témoignage et sa vision de l’alternance chez Wacoal, regarde son interview dans l’émission 360 de l’IFCV.